Une aventure artistique dans la bulle de l’atelier gravure

Depuis le mois de décembre 2018, c’est pendant cinq samedis que des étudiants de l’UCA et des jeunes migrants du Secours Populaire se sont rencontrés à l’atelier d’arts graphiques et plastiques de l’université, pour un atelier d’écriture et de gravure. De décembre à avril, un samedi par mois, chacun écrit des textes, lit sa production à haute voix, grave des dessins, et ce dans le partage, la convivialité, et les rires des uns et des autres.

Un début littéraire

Chaque samedi est plus ou moins identique : les douze étudiants et les douze jeunes migrants  travaillent sur des textes proposés par Myriam Lépron, qui enseigne les Lettres Modernes à l’UCA. Par exemple, ils ont travaillé un jour sur la madeleine de Proust. Ça leur fait penser à un souvenir lointain : la cuisine d’une maman, d’un papa… un souvenir de partage, autour d’un plat, ou d’un gâteau. Ce souvenir, le jeune migrant le développe, et l’étudiant (en binôme avec lui) l’aide à développer son idée. De cette idée va naître un texte plus ou moins long, dans lequel sont inclus des mots de leur langue maternelle. La lecture des productions écrites est une étape importante : cela mêle créativité, expression, et cours de français.

On enchaîne ensuite avec le repas. Tout le monde a apporté un petit quelque chose. On mange tous dans l’atelier.

Place à l’imagination

L’après-midi, c’est l’artiste Pierre Jourde qui prend la main : il parle de la gravure, il aide les jeunes à développer celles qu’ils vont créer. Ils doivent mettre en avant une idée de leur texte en gravant. Cette fois, étudiant et migrants travaillent seuls : ils sont au même niveau. Si l’expression culturelle pour un jeune migrant est délicate, pour la gravure, il excelle. Tout le monde est concentré, appliqué. Entre deux coups de gouge sur un carré de lino, l’un va grignoter un morceau, l’autre va regarder la production de son voisin.

Tout vient à point à qui sait attendre

L’atelier se termine dans la hâte : chacun veut pouvoir finir de passer son travail sous la presse pour  y ajouter des couleurs et la coucher sur du papier, avant que tout ne soit rangé. C’est un défilé de bleu, de rouge, de blanc, au milieu des rires et du brouhaha qui monte après une journée passée dans la concentration.

Mais que vont devenir ces productions ? Myriam Lépron s’occupe de la revue littéraire Terres d’Encre. Cette revue regroupe les travaux que les jeunes ont réalisés. Chaque texte est signé, et cela représente une grande fierté pour les artistes en herbe. La revue sera remise à tous les participants lors de la sortie du numéro 22, qui se déroulera le 14 mai 2019 à 18h dans un haut lieu culturel de Clermont-Ferrand, à savoir la Chapelle de l’Oratoire. Des comédiens professionnels liront certains textes à haute voix.